LA JOIE DE VIVRE D'APRES LA JOIE DE VIVRE
Présentation
À Sainte-Jalle, dans la Drôme, un groupe de lecture se réunit autour de La Joie de vivre d'Émile Zola. Les participant·es débattent, résistent au roman, s'identifient aux personnages. Peu à peu, la lecture déraille : les scènes surgissent, les lecteurs deviennent les figures du livre et le roman se rejoue sous nos yeux. Le roman d'Emile Zola devient un terrain de jeu et de friction, où se croisent écriture, improvisation et récits contemporains.
à partir de 11 ans (collèges et lycées)
A propos du spectacle
Adapter La Joie de vivre, c’est choisir Zola et donc la littérature « classique » par excellence. Ces œuvres, que nous fréquentons systématiquement à l’école, véhiculent - à l’image de leur époque - des pensées datées et souvent néfastes, notamment le patriarcat et la misogynie. Trois options s’offrent à nous : faire table rase et choisir d’autres œuvres, mettre sous le tapis ce qui dérange en faisant une adaptation classique et consensuelle, ou bien prendre ces textes et offrir des récits nouveaux sur la société d’hier qui a façonné les modèles que nous voulons transformer. C’est cette dernière option qui nous intéresse. Nous déplaçons le texte comme on transplante un arbre. Il faut d’abord l’observer, le cerner pour le déterrer. Ensuite couper l’extrémité des racines abîmées, le déplacer avec soin, le replanter dans un environnement différent et l’arroser abondamment. L’abreuver des récits de nos vies et de celles des habitant.e.s de la Vallée de l’Ennuyé dans laquelle nous vivons et travaillons, qui témoignent d’une société. Au roman s’ajoutent ainsi nos rêves et ceux-ci s’alimentent de ces récits intimes et authentiques. Dans cet air rafraîchi, nous avons le luxe et la curiosité de croquer aux fruits nouveaux de cet arbre.
Antoine de Foucault et Zélinda Fert